La petite maison dans la prairie.

On a fait connaissance avec le voisinage : deux biquettes, des chevaux, un poney et un troupeau de vaches. Le courrier dans la boîte aux lettres nous annonce la couleur : «  2 poules offertes pour vos prochaines courses ! « , et le voisin s’appelle Monsieur Mougeot.

Les gros clichés de la campagne, en vrai. Véridic.

Tu sais que t’habites plus en ville, quand :

1.  Tu décides de te faire livrer à manger, en mode grosse flemme et que tu n’as pas d’autres choix que de cuisiner ou te laisser mourir de faim.   » Chéri, on commande quoi : Chinois ? Pizza ?  »  Ha, on est pas livré sur le secteur… Y a bien Pizza, mais ils sont là que le MERCREDI, à EMPORTER. (On se fait la chèvre des voisins ?! niark niark niark…) 

2. Tu n’as plus besoin de fournir des justificatifs de domicile à la Mairie.  » Mais on vous connait, vous pouvez pas être quelqu’un d’autre que Vous !! «  Évidement.

3. Les voisins débarquent les uns après les autres, sur le pas de ta porte, pour t’expliquer le fonctionnement des ordures. Ici, tu ne mets pas n’importe quel sac poubelle, c’est la communauté de communes qui imprime ses PROPRES sacs.

4. Tu connais le prénom de tes voisins. 3 ans dans le même immeuble et je n’avais toujours pas imprimé le plan des locataires du coin…

5. Les légumes et la viande ne viennent plus de M. Edouard Leclerc mais des agriculteurs de la région. Même qu’ils sont hyper organisés !On fait toujours nos courses au Drive, sauf que cette fois, on sait qui les produit ! (Clique donc ICI pour mieux consommer !)

6. Tu n’as plus de réseaux dans la maison. Finit les messages et appels interminables, passés en mode  geek j’ai-toujours-15-ans-j’suis-une-nana-hyper-connectée ! A la maison, c’est à celui qui aura trouvé l’endroit OU CA CAPTE ! « Chéri, là sur le rebord du canapé, si tu penches un peu le téléphone, t’as une barre !!! «   On apprend à vivre sans téléphone. Sans vie sociale quoi. J’ai envie de mourir.

7. T’es obligé de donner le nom de la Ville la plus proche, à 20 bornes de chez toi, pour situer à peu près ton village aux personnes qui osent te demander :  » T’habites où toi maintenant ? … Ha, connais pas.. » 

8. Tu ne supportes plus la foule des magasins tellement dans ta campagne c’est zen et désertique. Surtout désertique. D’ailleurs tu n’as plus besoin de faire de shopping, maintenant tu es sevrée. 

9. Les embouteillages disparaissent de ton quotidien. 20 minutes de trajet, au grand air, entre les champs. Je me sens telle Marie Ingalls moderne avec sa chariote ! Profiter du paysage et rentrer calmement du boulot, lorsque soudain… une vache au milieu de la route ! No soucy. C’est ça la vie, la vraie.

10. Tu apprends à vivre en osmose avec Mère Nature. Les insectes sont devenus tes colocataires (sauf les araignées, faut pas pousser Mémé dans les orties…). Tu redécouvres les saisons et ses plaisirs. (« Chéri, t’as mis les pneus neiges ? « )

Il a fallut s’équiper aussi, pour faire moins potiche. Genre une brouette. On y pense pas à la brouette, mais quand il faut rentrer son bois à l’os, ça vous parait soudainement indispensable !

Mais la vie ici est surtout caractérisée par ces petits riens qui rendent notre quotidien tellement agréable. Les paysages sous la brume des matins frais, le bois qui crépite dans la cheminée, les copains qui déboulent en mode colonie de vacances, les premières nuits à la Maison…

Depuis 6 mois…

J’ai pris mes marques au boulot. Une meilleure organisation et une prise de recul pour souffler et surtout ne pas s’essouffler. Le contrat a été prolongé, et peut-être signerons-nous ce CDI prochainement…? Les gaffes sont toujours là, ha ça oui. Mais on en rigole ! J’ai été élu meilleur boulet du service. Pour preuve : suspecter un candidat illettrisme car il n’a pas rempli le formulaire. Le problème était tout autre : sans doigts, c’est difficile d’écrire. (Un trou de souris, vous n’avez pas ?)

On est enfin installé dans notre appart, pour de bon. Le quartier est tellement agréable qu’on se croirait dans un village vacances ! Je mange en terrasse, j’entends les oiseaux chanter.

J’ai eu ma première hospitalisation. Et celle là je l’avais pas vu venir ! Qui aurais cru qu’une appendicite viendrait se pointer là soudainement ? Pour faire les choses bien, je l’ai eu quand je n’avais plus de mutuelle bien sûr. Ce serait trop simple sinon. Pis comme je n’aime pas faire les choses à moitié, je n’étais pas non plus « en règle » avec la caisse d’assurance maladie. Sinon l’opération s’est bien déroulée, le réveil un peu moins. Mais maintenant je suis une graâânde, j’ai mes premières cicatrices !

Il y a des histoires qui ne s’arrangent pas et d’autres qui tournent en rond. Et puis il y a celles qui prennent un drôle de tournant, sans qu’on s’y prépare.

J’ai enfin vu ma Brune. Retrouver nos rires et ces confidences à n’en plus finir. Comme d’habitude on a refait le monde et parler du vieux temps. Et promis qu’on referait ça bientôt, une soirée rien qu’à nous.

J’ai vécu une catastrophe naturelle. Au sens littéral du terme, et pour une fois je n’exagère pas ! L’orage de ces derniers jours a été assez capricieux, et les pluies ont fini par inonder une bonne partie de la ville. Par chance, mon quartier village-vacance a été épargné. Sauf l’immeuble au bout de la rue, qui a vu son garage souterrain noyer sous 2 mètres d’eau. J’étais loin de me douter que les événements prendraient cette tournure, à 2 heures du mat’, sur ma terrasse, en contemplant les éclairs munie de mon appareil photo.

Je me suis décidée à re-bloguer ! Et ça-fait-du-bien !